Elle est considérée comme un centre spirituel de l’Écosse. Comme le lieu d’où le christianisme s’est répandu dans les Highlands. La petite île d’Iona n’est, géographiquement, guère plus qu’un appendice de Mull. Et pourtant, elle est tellement plus importante.

D’un vert émeraude, l’île repose sur une mer turquoise tandis que le petit ferry s’approche de l’embarcadère du village endormi d’Iona. Une plage de sable blanc borde le rivage. Une fois de l’autre côté, plus aucun bruit de moteur ne vient troubler le calme – les voitures sont rares sur Iona. Seuls quelques habitants emmènent leur véhicule.
Iona est bien sûr, d’une part, un centre spirituel pour les chrétiens écossais. Mais on peut aussi y observer des oiseaux : faucons, macareux, labbes et bien d’autres. Presque toute l’année, des fleurs sauvages y éclosent. Une promenade vaut vraiment la peine – et ne prend pas beaucoup de temps. Car Iona ne mesure même pas six kilomètres de long, et seulement deux kilomètres et demi à son point le plus large.
Une particularité du site monastique réside dans ses deux anciennes croix celtiques. La croix de Saint Jean est complète et richement ornée. Elle compte parmi les plus belles croix celtiques d’Écosse. Un sujet photo incontournable !
Plus discrète est la croix de Saint-Martin. Elle se dresse à quelques mètres de là et paraît incomplète, car ses bras latéraux manquent. C’est pourtant la plus ancienne des deux.
Astuce : sortez par l’arrière de l’église
D’ordinaire, les visiteurs entrent par l’avant et ressortent de la même façon. Mais en longeant l’église sur le côté, on arrive, à l’arrière, à une clôture de pâturage percée d’un petit portail. De là, on peut rejoindre directement la plage, puis le petit village. Presque aucun autre visiteur n’emprunte ce chemin, ce qui permet de profiter de l’atmosphère de l’île de façon presque exclusive.
À savoir : l’histoire d’Iona
En l’an 563 après Jésus-Christ, un Irlandais encore inconnu, qui allait plus tard se faire connaître sous le nom de Columba, posa le pied sur la petite île avec douze disciples. Il venait d’Irlande et cherchait un lieu où étudier et prier. Iona lui parut suffisamment adaptée. Il y construisit alors le premier petit monastère – en réalité plutôt une petite colonie de huttes et une église.
Avec le temps, il convertit de plus en plus de Pictes et de Celtes au christianisme. Il fit fonder des monastères et des églises sur le continent ainsi que dans les îles Hébrides extérieures, rassembla des connaissances dans une grande bibliothèque et se mêla également de politique. Les arts – poésie et sculpture – y fleurirent. Ainsi, la puissance de la petite île ne cessa de croître avec le temps. Lorsque Columba mourut en juin 597, ses successeurs poursuivirent son œuvre sur place.
Un tel savoir attira naturellement de nombreux visiteurs, et Iona devint un haut lieu de pèlerinage. Y compris pour les morts – de nombreux rois écossais y trouvèrent leur dernière demeure.
Mais les pèlerins n’étaient pas les seuls à venir. La richesse attira aussi la convoitise. En l’an 794, des drakkars apparurent à l’horizon – les Vikings (en allemand pour l’instant) pillèrent le monastère. Et pas seulement une fois. Jusqu’en 850, ils massacrèrent et pillèrent – des noms comme Martyr’s Bay (la baie des martyrs) rappellent encore aujourd’hui ces événements.
Comme il n’était plus possible d’y vivre en sécurité, les moines restants finirent par quitter l’île. Iona sombra dans le silence pendant 150 ans. Jusqu’à ce que le christianisme finisse, lui aussi, par toucher les Vikings. Iona devint bientôt un lieu sacré également pour les hommes du Nord, qui repeuplèrent l’île. Un couvent de nonnes vint même s’y ajouter au XIIIe siècle.
Cette période d’essor renouvelé fut finalement stoppée par la Réforme. À partir du XVIe siècle, le monastère tomba en ruine.
Ce n’est qu’en 1938 que le monastère fut reconstruit. Dans sa forme actuelle.
Remarques personnelles : le silence fait du bien
Évidemment, on ne peut pas s’attendre à ce qu’une attraction aussi importante soit désertée par les visiteurs. Et pourtant, malgré un flux touristique relativement important, Iona conserve l’atmosphère d’un véritable refuge. Surtout lorsqu’on s’éloigne un peu des sentiers battus.
Accès :
Sur Mull, prenez l’A849 en direction du sud. Continuez tout droit jusqu’à Fionnphort. Là, laissez la voiture sur le parking et prenez le ferry. C’est tout.