Attaques de labbes ! Comment ces rapaces nous attaquent (et comment réagir)


FWOUUUCH ! C’est un bruit terrifiant lorsque le grand labbe nous frôle à hauteur de tête, à quelques mètres à peine. Nous sommes attaqués – par des oiseaux !

Labbe en vol
Labbe en vol

Cela ressemble un peu à un cerf-volant tiré juste au-dessus du sol. FWOUCH. Il est encore là, et la peur commence peu à peu à nous gagner. Les labbes – ou « skuas », comme on les appelle presque toujours en Écosse – sont de grands oiseaux, avec une envergure pouvant atteindre un mètre cinquante. Et ce colosse volant nous a pris pour cible, tournant autour de nous, se rapprochant sans cesse.

Nous sommes sur Hirta, l’une des îles de l’archipel de St Kilda. St Kilda est un archipel grouillant d’oiseaux : fous de Bassan, macareux, fulmars – et malheureusement aussi des labbes. Ils affectionnent particulièrement les endroits où vivent d’autres oiseaux, car ils s’en prennent à leurs voisins lorsque ceux-ci reviennent chargés de proies, leur volant littéralement leur repas. L’agressivité fait partie intégrante de leur mode de vie.

Nous ressentons cette agressivité de plein fouet en gravissant le mont Conachair. Non loin de là se trouve la grande falaise de l’île, où d’innombrables couples d’oiseaux élèvent actuellement leurs petits. Or les labbes nichent toujours à proximité de leurs victimes – mais pas sur les falaises elles-mêmes, plutôt dans des éboulis ou des creux à même le sol – comme ici, à flanc de colline, là où nous grimpons justement.

Les nids des labbes ne sont pas garnis et restent donc pratiquement invisibles. Mais si l’on s’approche d’un jeune, les labbes se mettent à attaquer l’intrus.

En ce moment précis, c’est nous, l’intrus !

FWOUUUCH ! Le labbe tourne de nouveau autour de nous. Encore plus près cette fois, puis il commence à viser nos têtes, nous manquant d’un cheveu. Plus on s’approche du nid, plus la défense devient agressive. Nous devons être très près du nid, sans même savoir à quel point. Seulement voilà : nous ne le voulons pas du tout, et avons déjà changé de direction.

Le problème, c’est que toute la colline sert de site de nidification aux labbes. Dès que nous nous éloignons d’un nid, nous nous rapprochons déjà du suivant. Impossible d’avancer, impossible de reculer – il faut passer au milieu.

« Regarde donc ! » s’écrie soudain ma femme, tout excitée, en me faisant signe. « J’ai failli marcher dessus. »

Il me faut regarder à trois reprises avant de l’apercevoir : une petite chose duveteuse posée derrière un rocher. Un poussin de labbe. Deux pensées me traversent l’esprit en même temps : « Il faut que je prenne une photo ! » et « Les parents vont nous tuer ! » D’une main tremblante, je capture le minuscule animal sur la carte mémoire, un peu flou malheureusement, tant l’excitation était grande :

Poussin de labbe
Poussin de labbe

Nous reprenons ensuite notre chemin, vestes tenues au-dessus de la tête. Lorsque nous croisons enfin un autre randonneur, sa posture nous laisse perplexes :

Attaque de labbe 1
Attaque de labbe 1
Attaque de labbe 2
Attaque de labbe 2

Il semble tout à fait détendu face à l’attaque, mais pourquoi tient-il les mains levées comme en prière ?

De retour au village, enfin en sécurité, d’autres randonneurs nous expliquent ce que signifiait cette posture étrange : les labbes visent toujours le point le plus haut de leur adversaire – généralement la tête. On peut les distraire avec les mains, ou mieux encore : lever un bâton de marche ou un trépied en l’air, et l’on est alors tranquille.

Dommage que nous ne l’ayons appris qu’après coup.

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